24 décembre 2009

La fourrure alu de l’immeuble Coupechoux


Les nouvelles constructions, au centre, ne vont pas nuire à la réputation de Nantes la grise. Plusieurs d’entre elles ont sacrifié à la mode de la double peau en façade. Des robes de haute couture, mais sans apport de couleur, comme si l’audace des lignes devait nécessairement s’accompagner d’une certaine modestie chromatique. Or, à Nantes, quand on privilégie le reflet du ciel et de l’eau, on n’obtient que du gris. Sur l’Île de Nantes, l’immeuble du groupe Coupechoux est signé par le cabinet d’architecture Tetrac. Les lames d’aluminium le couvrent comme une fourrure.

Robe ajourée pour l’école de médecine


De l’autre côté du bras de Loire, le nouvel immeuble de la fac de médecine, lui aussi, cache pudiquement son béton derrière de l’aluminium ajouré qui fait penser à l’Institut du monde arabe à Paris.

18 décembre 2009

Beaufisme lourd


Intéressante série d'articles sur les déplacements urbains, à la veille du sommet de Copenhague, dans Presse-Océan. Avec des perles dont ont ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer. Jack de Nantes, est resté figé dans les années 1970 (il doit ressembler à Jean Yanne) : « Mais qu'attend-on pour remettre une deux fois deux voies à Beaulieu ? Les rétrécissements, les ralentisseurs… sont scandaleux et proprement irrespectueux pour les automobilistes volontairement retardés.» Monique (qui doit ressembler à Jacquie Sardou) fulmine aussi contre « ces plateaux surélevés sur tout le parcours (.…) Nos voitures de ville ne sont pas des 4x4 ». Sinon, chère Monique, il y a le tracteur. (Presse-Océan du lundi 7 décembre 2009).

16 décembre 2009

« The place to be »


Quel élu local n'a pas envoyé son communiqué de Copenhague ? « The place to be » pour sauver la planète. Certains envoient même des photos marrantes comme celle-ci, avec Schwarzenegger. La force au service de l'écologie ! L'alliance du menhir et du chêne autrichien, celle du chouchen et de l'anabolisant. Au prochain sommet, on espère une photo avec Rocky Balboa.

14 décembre 2009

Petits commentaires sur le plan vélo


Dans une ville vraiment adaptée au vélo, on doit pouvoir se promener avec un enfant de moins de huit ans sans crainte. Ce n'est pas vraiment le cas à Nantes. En tout cas pas partout. Exemple : quai de la Fosse à la hauteur de ND du Bon-Port. La piste se transforme là en damier sur lequel les voitures peuvent changer de file dans les deux sens. La plupart des chauffeurs ne s'embarrassent pas de vérifier si des vélos circulent ou pas sur la piste. Ils changent de file sans regarder. Ça peut passer un dimanche matin, mais dans l'obscurité et par temps de pluie, il y a danger. A la hauteur de la piscine Leo-Lagrange, la piste est impeccable : large et séparée par des zébras. Figure qu'il faudrait généraliser. Mais 100 mètres plus loin, rue Félix-Eboué, la bande fait 40 centimètres de large et l'on s'expose au premier crétin qui ouvre sa porte sans regarder. Un grand classique qui m'a valu deux côtes fêlées l'année dernière. S'il va dans le bon sens, le plan vélo annoncé le 10 décembre en rend pas prioritaire la création de pistes cyclables en site propre, protégées des voitures. Autrement dit, des endroits où l'on est certain de ne pas se faire culbuter voire écraser. Mille fois dommage ! C'est un partage de la chaussée avec les voitures dans le cadre « d'une circulation apaisée » qui sera privilégié. Ça pourrait marcher en Suède mais nous sommes dans un pays latin, avec une conduite toute en nervosité et une passion aberrante pour l'automobile. Est-il besoin de rappeler l'asymétrie du risque entre automobiliste et cycliste. Il suffit d'une seule fois et d'un seul coup de volant pour réduire la vie d'un cycliste à néant, même si les accidents mortels restent rares. Sans créer de pistes cyclable isolées, l'objectif d'atteindre 15 % ds déplacements en vélo (2 % actuellement) semble difficilement atteignable. A moins d'un baril de pétrole à 300 dollars.

8 décembre 2009

Contre la débauche alcoolique, comptons sur les cafés


Festival Bar-bars : ici As Postiront au café sur cour

Les joyeux fêtards du Bouffay sont devenus des « groupes à risques » pratiquant « l’alcoolisation bruyante sur la voie publique ». Magie d’une sémantique policière qui a assimilé le jargon des sociologues, à moins que ce ne soit contraire. Le nouveau contrat de sécurité de la Ville de Nantes prétend prendre en compte la lassitude des résidents des quartiers du centre, en particulier le Bouffay. Trop de tapage porte sur les nerfs, même des plus indulgents. Ce n’est pas une consolation, mais d’autres villes connaissent de pires situations. À Rennes, la concentration de fêtards dans le quartier Saint-Anne/Saint-Michel cause beaucoup plus de tracas, au point que la mairie rachète certains bars pour limiter la prolifération. Je ne sais pas s’il y a trop de bars au centre de Nantes. Je suis sûr, en revanche qu’il n’y en a pas assez dans les quartiers périphériques. Allez donc chercher un café en soirée, après votre cours de serbo-croate, autour de la maison de quartier des Dervallières, de Pin Sec ou du Soleil Levant à Saint-Herblain…Il en va des bars comme autrefois des maisons closes ou aujourd’hui des clandestins de Sangatte. On tire le rideau en espérant calmer l’irritation de l’électeur. Le problème reste alors dans la rue. Déjà, il faut faire le trottoir pour fumer. Beaucoup d’adolescents vont dans la rue pour picoler leur mélange orange dans des bouteilles en plastique. Rien de tel pour se blinder la tête en quelques minutes. Au contraire, pour que le même ado sorte bourré d’un café, il doit vraiment y passer beaucoup de temps, dépenser une coquette somme et échapper à la vigilance du tenancier. Par ailleurs, il arrive parfois que dans ces cafés, l’ado en question se voit proposer autre chose à faire que d’avaler des bières parfumées au jus de cactus. Je pense aux concerts ou aux spectacles. Voici deux semaines se tenait le festival bars-bars (photo). Un moment de fête et de tolérance exceptionnelle. Combien parmi les nombreux cafés participant à ce festival peuvent programmer des spectacles le reste de l’année ? Manque de moyens pour déclarer les artistes, problème d’insonorisation, réglementation tatillonne… Il y a deux ans, Jean-Louis Jossic s’était engagé à chercher des solutions pour aider les cafés-culture de Nantes à surmonter ces difficultés. Il paraît que les choses avancent. On aimerait bien que le plans sécurité prennent aussi en compte cette alternative à l’alcoolisation sur la voie publique qu’est un soirée musicale dans un café.

7 décembre 2009

C’est quoi la « Ikea Family » ?


Le dimanche, on peut courir, faire du vélo ou soigner sa gueule de bois, jouer avec ses enfants, aller au ciné, à la messe, rester sous la couette ou même regarder Michel Drucker… Bref mille et une chose plutôt que d’acheter un canapé Björn ou une lampe Larsën. Depuis des millénaires, religion ou pas, toutes les sociétés décrètent un jour où l’on s’arrête pour respirer, faire autre chose que produire ou consommer comme des brutes. Alors c’est quoi la « Ikea Family » ? Tout le monde à la galerie marchande derrière un chariot ou, pour ceux du bas de l’échelle, trimer sur la caisse enregistreuse ? Les frénétiques de la consommation qui vont acheter le dimanche leur meubles en particules de bois savent-ils qu’un jour, à leur tour, on pourra aussi leur imposer de laisser leur famille pour travailler le dimanche ? Est-ce normal que les syndicats soient seuls à faire le piquet devant le magasin pour que les règles s’appliquent ?

30 novembre 2009

Les Left Lane Cruisers à La Barakason


Pratiques, peu encombrants et économiques en masse salariale, les duos sont très en vogue dans le rock'n roll contemporain... avec plus ou moins de bonheur car un minimum de connaissance musicale est requis. L'apogée du genre est sans doutes les White Stripes, mais dans la même division, et pour seulement 10 euros, on pouvait voir les Left Lanes Cruisers, et trois autres groupes dans la petite salle intimiste de la Barakason de Rezé, le 28 novembre. Chose incroyable dans l'Amérique de Paris Hilton, ces deux petits blancs de l'Illinois, barbus comme de jeunes ZZ Top, ne jurent que par Muddy Water ou Hound Dog Taylor avec un jeu guitare tout en slide, précis et agressif, quoi q'un peu dans la ritournelle. Quant au batteur et percussionniste, il survole de haut le tchacaboum de Meg White. Ces deux barbus vont monter, c'est certain.

27 novembre 2009

Ces entreprises qui ne font plus rêver


Le plan de départs volontaires est une variable d’ajustement très en vogue, l’ultime recours avant le plan social. Plusieurs centaines de salariés ont ainsi quitté Manitou ou Bénéteau, ce dernier a même du restreindre cette possibilité. Nulle doute que le guichet ouvert pour 351 postes chez STX-France recueille un certain succès. l’ex-Chantier de l’Atlantique a d’ailleurs pris ses précautions en précisant bien les postes éligibles, afin de ne pas se dépouiller de compétences clés ni, sans doutes, des salariés les plus dynamiques. La grande entreprise, longtemps synonyme de sécurité, ne fait plus rêver. Malgré la dureté du marché du travail, les salariés sont nombreux à choisir le départ, à vouloir chercher ailleurs des perspectives d’avenir. Suppositions : le poids de la hiérarchie, l’absence de perspectives, l’envie d’indépendance ?

23 novembre 2009

La Folle Journée de Nantes transforme Chopin en avatar

Création LM Y&R photo Getty images, Pleyel
La Folle Journée de Nantes pourrait faire poser un vieux singe galeux sur son affiche, elle ne perdrait pas un seul de ses spectateurs. Ça n’empêche, on reste interloqué par le choix de cette image. Elle est supposée représenter Frédéric Chopin et George Sand éternellement amants dans l’univers intemporel des génies. Quelles circonvolutions peut prendre la réflexion d’un publicitaire pour aboutir à un tel désastre esthétique ? Cette image emprunte aux codes graphiques du jeu vidéo, elle nous montre des avatars dans un vaste loft au parquet luisant inondé par une lumière que laissent entrer de multiples baies vitrées. Le loft est meublé d’un unique piano à queue. Par une des fenêtres, on aperçoit le sommet d’un gratte-ciel paraît-il bien connu de Varsovie. Ce dernier détail, comme les lettres GEORGE sur le T-shirt de la jeune femme, font penser à des images-liens. En cliquant dessus, on devrait voir apparaître un autre personnage (un blonde polonaise) prêt à nous débiter les derniers potins sur la vie amoureuse du compositeur. Le tout est supposé plaire aux jeunes, établir la connexion entre le pianiste de génie et les amateurs de pop. Le résultat est aussi navrant que ces quinquagénaires qui disent «je kiffe» pour accrocher l’attention de leurs fils (ou peut être de leurs copines). Que voit-on dans cette image ? D’abord un décor tellement virtuel qu’il ne conviendrait même pas à une publicité pour des matériaux de second œuvre. Trop propre. Il est peut être assez aseptisé pour une compagnie d’assurance, une banque. Surtout, il évoque l’argent : par l’espace, la lumière (l’altitude), la brillance, le piano lui-même, le luxe potentiel à venir. Même en blue-jean les deux personnages ne peuvent cacher leur nature de Sims malfaisants. Tout ce qu’ils cherchent dans ce petit jeu, c’est gagner des points de fortune et de reconnaissance sociale, en se faisant passer pour des amateurs de musique.

Saint-Nazaire = Gandrange ?


« Nous allons nous engager pour que les chantiers vivent », avait déclaré Nicolas Sarkozy, le 5 septembre 2008 chez STX France à Saint-Nazaire, à bord du MSC Fantasia en cours d’achèvement. Devant une rangée d’ouvriers en bleu de travail (triés sur le volet), le président de la République avait même promis une visite annuelle à Saint-Nazaire pour s’assurer de la bonne santé du chantier naval. Chacun sait que ce type de fanfaronnades n’a aucune valeur, mais la légèreté de telles promesses reste un sujet d’étonnement permanent. Le chantier va-il connaître le sort de Gandrange, que le président s’était engagé à sauver ? À Saint-Nazaire, en novembre 2009, le chantier n’a toujours pas signé de commandes significatives à part un Bâtiment de projection et de commandement (BPC) représentant 20 % de la charge annuelle. Et l’État n’a pas l’intention d’acheter d’autres bateaux de guerre pour sauver le chantier. Ce qui est compréhensible. Quant aux armateurs de la croisière, dont MSC, premier client de STX France, ils n’auraient plus les moyens de financer l’achat de paquebots. Et là encore, l’État français n’y peut rien. Dans ce cas, mieux vaut se taire.

20 novembre 2009

Bon voyage, Juste pour rire


Le festival Juste pour rire ne reviendra pas à Nantes au printemps prochain. L’annonce ne tirera aucune larme au monde de la culture à Nantes. Juste pour rire était trop marqué show-biz, même s’il s’en défendait en multipliant les présentations de jeunes talents. La dernière édition, en particulier ,avait perdu l’ambiance de gaîté québécoise qu’on avait pu trouver les années précédentes dans le grand hall de la Cité des congrès. Quant au spectacle de la Clique, au bout de l’Île de Nantes, il aura laissé plus un souvenir plus que mitigé, sans compter l’ardoise. Car Juste pour rire se soldait par un déficit de plusieurs centaines de milliers d’euros, assez difficile à évaluer tant il était accueilli dans des conditions privilégiées à la Cité Internationale des Congrès. La Ville refuse de remettre au pot, au nom de l’économie des deniers publics. La population comprendra. Quant à ceux qui regrettent Dubosc ou Foresti, qu’ils se consolent avec les nouveaux cabarets du centre-ville : la Compagnie du café théâtre, le théâtre de Jeanne, Nantes comedy club… C’est plus sympa que le Zénith.

15 novembre 2009

Crétins en casquette


Si vous êtes un chanteur de rap de troisième zone et que vous voulez vous payer les Francofolies ou l’Olympic, écrivez un texte plus bête, plus méchant, plus sexiste, plus violent que tout ce qui existe sur le marché, genre « sale pute ». Facile et pub garantie. Evitez le rap anti-flic, d’autres crétins en casquette l’ont déjà fait, ou antisémite, c’est à la mode mais ça reste illégal. Avec « Sale pute », vous choquerez les associations féministes et quelques élues comme notre députée Marie-Françoise Clergeau. Et oui, ce sont surtout les femmes qui s’offusquent. Car beaucoup d’entre-elles ne croient pas le rappeur de base assez malin pour manier le second degré sur ce type de sujets. Il se trouve qu’une femme meurt tous les deux jours de brutalités conjugales. En échange, vous pourrez bénéficier du soutien de brutes épaisses ou de démagogues, à droite comme à gauche.

Le roi de l’oud à LU


Il y a des disques que l’on peut écouter à l’infini sans se lasser. C’est le cas de ceux du Tunisien Anouar Brahem, le roi du oud, cet ancêtre demi-cylindrique de la guitare. Conte de l'incroyable amour et Thimar sont des chefs d’oeuvre inusables. Sachant s’affranchir de la musique traditionnelle, sa musique très écrite évoque John Coltrane ou Jimmy Guiffre avec des intonations cubaines. C’était le cas samedi à Nantes, avec un solide quartet dont un clarinettiste très inspiré. Petit bémol : une première partie à mourir d’ennui et le fait d’attendre trop longtemps tassés comme des sardines sur les mauvaises banquettes de l’espace LU.

10 novembre 2009

Ouramdane au T.U., un choc


Ils marchent sur la scène dans la pénombre, puis sont saisis les uns après les autres sous la lumière d’un mur de lampes et leur corps se désarticule, perd forme humaine, à la limite de la contorsion. Leurs membres se défont, des bosses surgissent, des fosses se creusent où il y aurait des épaules ou des hanches. Ce n’est pas la douleur de la chair qu’ils montrent, mais un point juste avant la fracture physique où les morceaux se détachent, ou tournoient jusqu’au seuil du fantastique. Des Témoins ordinaires met en danse des témoignages de victimes de la tortures. Au tout début, ces témoins essayent de raconter avec mots, ou plutôt expliquent pourquoi ils n’arrivent pas à décrire ce qu’ils ont subi. Le chorégraphe Rachid Ouramdane a mis en scène cet effort de souvenir et non pas la souffrance elle-même qui, elle, aurait été insupportable à regarder assis dans son fauteuil de théâtre. Une des voix témoins dit que quand il raconte, même s'il arrive à trouver les mots, reste toujours l’impression qu’on ne peut pas être cru. Apparemment, une bonne partie du public nantais n’a pas vu ce que la tentative avait de poignant et de nécessaire. Des Témoins ordinaires présenté au T.U. par le festival Transandanse.

6 novembre 2009

De la grande et belle danse… si lointaine


Photo Liu Yang

La biennale Transcendance s’est ouverte le 4 novembre au Grand T, par un « grand spectacle », Bahok, d’Akram Kahn. Le chorégraphe britannique a servi une world dance impressionnante par la virtuosité. Par moments, quand même, l’accumulation de références (Inde, Chine, hip hop…) m’a fait décrocher, comme en devant une leçon trop bien apprise. Avec cette entrée en matière, Transcendance se présente sous le signe de l’excellence. Dans son discours d’introduction, Yanick Lebeaupin qui est chargée de la culture au Département de Loire-Atlantique, a insisté sur le soutien apporté par le conseil général aux artistes professionnels. Elle n‘a pas eu le temps de glisser un mot sur la pratique amateur. Le festival est organisé par Musique et danse en Loire-Atlantique qui n’a certes pas oublié d’associer les écoles et de proposer des stages pour les amateurs. On fait découvrir, on permet d’accéder (c’est à dire de voir), on offre à apprendre dans un rapport qui est toujours descendant vers le public, fût-il pratiquant. Est-ce que justement, ce petit plus de vie ou de chaleur qui m’a manqué dans Bahok, ne vient pas de cette distance encore imposée au « beau » ? Et est-ce qu'un festival se serait pas le bon moyen de permettre un peu plus d'appropriation et un peu moins d'admiration ?

4 novembre 2009

La classe british


Un conseil à ceux qui dépensent 70 euros ou plus pour aller voir Johnny Hallyday ou d’autres vieux ringards qui vous rackettent au Zénith ou à La Beaujoire. Pour 14 euros à l’Olympic, on peut voir (de près) du fabuleux Rock’n Roll comme The Jim Jones Revue, hier soir. British, élégants, bien sapés, sincères, purs et durs dans la veine Little Richard, Jerry Lee Lewis, Elvis période RCA (big hunk o’love), ou des garage bands de type Sonics ou Cramps. Bref du jeune avec du vieux indémodable. A ne manquer sous aucun prétexte la prochaine fois qu’ils passent à Nantes.

2 novembre 2009

On dirait le sud !


Sentier haut perché et chênes verts. Le chemin côtier de Saint-Nazaire a des côtés méditerranéens. En forçant un peu on peut se baigner même en octobre. Mon endroit préféré.

1 novembre 2009

Une Toussaint les pieds dans la flotte pour les gens du voyage

Reportage vidéo de Nantes 7 à voir sur dailymotion

http://www.dailymotion.com/video/xaz3a4_expulsion-de-300-roms-a-nantes_news
Dimanche 1er novembre. C’est la Toussaint, il pleut à verse comme de juste. Rien de bien triste quand on est chaud dans son petit appart. Mais quand la famille vient juste de s’installer, à Indre, dans un terrain inondable après une énième expulsion, cette Toussaint doit prendre un goût amer. Jeudi dernier, cinquante familles du voyage ont été chassées du terrain qu’elles occupaient à Chantenay, un terrain vague appartenant à Nantes métropole. La préfecture ne leur a pas proposé de solution et les mairies de l’agglomération ne semblent pas pressées de leur proposer un lieu d’accueil. Entre des propriétaires qui rament pour payer leur pavillon et les gens du voyage, l’histoire de cette défiance mêlée de jalousie est ancienne. C'était la chronique "Nantes vous accueille". Y. P.

23 octobre 2009

Souffrance dans les usines à viande


Tout autour de Nantes, il y a des usines à viande. Les économistes les considèrent d’un seul regard et les nomment secteur agroalimentaire. Vaches, cochons, volailles entrent dans ces abattoirs et en sortent sous forme de barquettes pour les hypers ou de cartons pour l’export. La transformation de la viande est un des pôles industriels qui ont fait la fortune du grand Ouest. Vous pouvez lire cela dans tous les guides économiques. Anne Théron, artiste associée au Théâtre universitaire de Nantes, et Claire Servant, ont créé une pièce (théâtre ou danse, un peu des deux), Abattoirs, qui met en scène la parole de gens qui travaillent à l’intérieur de ces usines : ouvriers, contremaîtres… C’est court (40 mn), assez lent et pourtant très dense à cause de l’effet de répétition. Les trois acteurs, sans dialoguer, articulent des témoignages avec précaution, application, en reflet d’un étrange rapport au travail. On y entend beaucoup de souffrance physique, mais aussi la fierté qui entre toujours dans l’humain comme l’eau dans la moindre faille. Et beaucoup de renoncements, de résignation, de fatigue. Les paroles sont fortes, les sons bien choisis, le décor glaçant à souhait. La mise en scène aurait pu se passer de certains effets qui ressemblent à des concessions à la mode théâtrale, surtout quand on a vu des pièces de Joël Pommerat il n’y a pas longtemps. Il faudrait la jouer aussi dans ces cités où ces ouvriers ont acheté des maisons qu’ils peinent tant à payer. Ou, pourquoi pas, à l’entrée des centres commerciaux, là où finissent les fameuses barquettes de viande.

22 octobre 2009

Bobo en bateau


Celui qui n’a pas le temps de partir en voyage peut vivre par procuration ceux de Bernard Ollivier, journaliste à la retraite, bonne plume et qui a gagné sa place dans la littérature de voyage en parcourant à pieds la route de la soie (le premier tome est saisissant). Cette fois, Bernard Ollivier descend la Loire, d’abord à pied puis, surtout, en Canoë, de la source à Nantes. Au-delà du carnet de vacances (tous les promeneurs retraités n’ont pas la chance d’être édités chez Phébus) et de rencontres avec d’aimables bobos sachant restaurer des maisons anciennes et aimer le bon vin, le périple de Bernard Ollivier revêt bel et bien une dimension aventureuse avec ses chavirages, le froid (un été 2008 maussade), la fringale et des ligériens moyennement accueillants. Cette descente au fil de l’eau est sans doute trop rapide pour être pertinente d’un point de vue historique et culturel. « Nous sommes dans la région où sévit la guerre de Vendée, mélange affreux de guerre civile et de haines exacerbées par l’hystérie religieuse », écrit l'auteur page 229. Ce ne serait pas un peu simpliste monsieur le vacancier ?

20 octobre 2009

Nantes, vu par James Gurney


L’œuvre de James Gurney pour l’affiche du festival Les Utopiales 2009, à Nantes (du 28 octobre au 1er novembre à la Cité des Congrès) n’est pas seulement belle. Elle est frappante. Ce n'est pas tant qu’un aéronef embarque des passagers en plein centre-ville au début vingtième. Ce qui me frappe, c’est la grâce des piétons, leur émerveillement naïf devant ce papillon de métal. On remarque au passage la figure de Jules Verne, indifférent à la scène, en bas à gauche de l’image. James Gurney nous invite dans un monde où la technologie serait charnelle, familière, douce à caresser. Aux Utopiales, il faudra voir ses images de l’exposition Dinotopia où les enfants jouent avec les dinosaures dans un monde fabuleux de tendresse. Quels sont ces «mondes meilleurs», thème choisi pour cette édition des Utopiales ? L’affiche y répond en imaginant un univers où la science aurait gardé son âme, donnerait vie aux rêves des hommes au lieu de les faire courir après le dernier gadget, errer dans le virtuel, bétonner à tout va. À ceux qui prétendent que la science-fiction ne touche plus les occidentaux, désenchantés par la froideur de la science, les Utopiales parlent encore d’utopie. Je retiens aussi que c’est le seul grand festival littéraire international à Nantes. Quel est son avenir après cette édition 2009, alors que la Cité des congrès tend à se séparer de ses productions ? Cette affiche rappellera aux Nantais que cet événement enrichit un héritage culturel assez particulier de leur ville, l’idée qu’imaginaire et technologie peuvent s’aimer. Y. P.

Foules aux foulées


Voilà, je termine les foulées du tram en 1 heure, 16 minutes et 18 secondes. Un peu déçu puisque Guillaume, mon comparse d’entraînement m’a gratté de 20 secondes. Erreur de débutant : quand on part trop vite on ne peut accélérer à la fin. Mauvais perdant, je suis donc un peu critique. Le succès populaire (plus de 5 000 personnes) de la course à son revers. On commence à courir 5 minutes après le coup de feu. Cela dit, tout le monde dit ça pour rehausser sa performance. Les barrières de départ étaient trop étroites (genre foire aux bestiaux), idem pour les ruelles empruntées où l’on risquait à tout moment de prendre une barre anti-stationnement dans l’estomac. Dans le genre, je préfère le semi-marathon d’Orvault, un peu plus aéré. Allons, c’était bien malgré tout. Et puis, il est encourageant de voir des gens courir plutôt que de pantoufler devant Michel Drucker.

19 octobre 2009

Poumon vert


J’ai acheté le dernier Géo pour l’article sur Nantes et son évolution urbaine en trente ans mais mon attention s’est détournée vers le reportage sur Berlin et « son énergie verte », son art de vivre basé sur de grands espaces naturels, tous accessibles par transport en commun. En prenant possession de ces espaces et en les préservant, la ville a ainsi gommé sa réputation d’austérité et devient une destination touristique de plus en plus courue, d’autant plus qu’on peut se baigner dans les lacs. Les grandes villes anglaises comme Londres (le parc de Chelsea par exemple) ont aussi compris depuis longtemps l’importance de sanctuariser ces espaces pour décompresser la ville et les citadins. Avec ses parcs et ses grandes étendues vertes, le long de la Chésine (super spot de footing), ou de l’Erdre par exemple, Nantes peut aussi jouer cette carte de la campagne à portée de main. D’autant plus que les citadins, avec le renchérissement du transport et les embouteillages, voudront trouver des espaces verts de proximité. Il y a donc intérêt à ne jamais, au grand jamais, urbaniser ces espaces (en photo, le poney club du Houssay, au pied des tours des Dervallières).

18 octobre 2009

Mouawad triomphe à Nantes


Photo Thibaut Baron

C'était l'événement de la rentrée, le grand moment de théâtre à ne pas manquer à Nantes. Le Grand T, l'Onyx, le T.U. et le Fanal de Saint-Nazaire étaient associés pour présenter quatre pièces de Wajdi Mouawad, du 29 septembre au 17 octobre. Cela s'est terminé en apothéose dans la nuit de samedi à dimanche. La troupe a enchaîné les trois pièces du "Sang des promesses", emportant une salle comble pendant onze heures de quête, de rire et de terreur, de Montréal aux montagnes du Liban ou la forêt des Ardennes. Un public jeune qui s'est laissé emporter, chavirer et a même oublié de tousser à partir de 22 h 30, gagné par la tension. Et un public debout pour un quart d'heure d'ovation. La nuit passée, on en a encore le coeur gonflé. Y. P.

15 octobre 2009

Justice, liberté et tartuferie


« Justice et liberté », tel est le slogan de Ouest-France. « Nous faisons appel à ces valeurs pour que Ouest-France renoue le contact avec nous et que ce groupe désigne un interlocuteur pour discuter », disent les représentant de Nantes 7, en vain. Actionnaire principal de cette chaîne de télévision, en redressement judiciaire depuis le 2 septembre 2009, Ouest-France a abandonné, au cœur de l’été, Nantes 7 et son équipe. Plus question, pour le groupe de presse, de dépenser davantage dans cette aventure. Ses dirigeants considèrent que le groupe perd déjà suffisamment d’argent dans la presse gratuite. Depuis l’actionnaire et le directeur de la chaîne ont disparu et restent injoignables. Bon soldats, les 30 salariés ont dignement continué à faire tourner l’antenne, jusqu’à remplir les réservoirs des voitures avec leur propres deniers. Bravo à eux.

14 octobre 2009

Au TNT, Koltès en souplesse


Photo Thomas Langouet

Le TNT confirme sa place de lieu de création majeur, à Nantes, avec La Nuit juste avant les forêts, de Bernard-Marie Koltès. On aurait pu entendre ce monologue comme le cri de révolte du poète, de l’étranger, du sans-travail, sans-maison, sans être-aimé… L’acteur, Jean-Erns Marie-Louise, le livre avec une souplesse féline. Il économise les moyens, descend jusqu’au murmure, amuse là où sa solitude devrait le rendre tragique, devient léger quand ce texte de jeunesse frôle de trop près la complainte. Mais lorsque son personnage est à deux doigts de s’envoler dans l’irréel, il regagne une présence humaine que l’on ressent d’autant plus vivement dans cette petite salle. Seul petit regret, la banalité d’un décor trop décoré. Par la compagnie La Thymélé, metteur en scène Jean-Marc Avocat. À voir jusqu’au samedi 17 octobre. Y. P.

Petit bonheur d’ici


Mardi 13 octobre, la bicyclette m’emmène au travail au centre-ville. Première température d’automne. L’Erdre fume sous la fraîcheur du matin. Y. P.

9 octobre 2009

Le Belem à Nantes


Toujours une bonne surprise que de surprendre le Belem en escale dans son port d’origine. Le 8 octobre à 19h00 après la pluie. Lancé le 10 juin 1896, seulement 7 mois après sa commande aux chantiers Dubigeon de Nantes, juste en face, par la Compagnie nantaise Denis Crouan et Fils spécialisée dans le transport du cacao pour le compte des chocolateries Menier. E.G.

Ayrault et Delaveau montent en avion


« Le choix de la décroissance est une faute grave vis-à-vis des générations futures. » L’argument servi par Jean-Marc Ayrault pour justifier son soutien à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Ouest-France du 6 octobre) est tellement consternant qu’on se demande si les journalistes d’Ouest-France ont bien entendu. Ne manque plus qu’un peu d’ironie sur les nostalgiques de la marine à huile et de la lampe à voile. Pardon, j’inverse, mais c’est contrariant, ces rengaines.

Les générations futures n’iront-elles pas plutôt faire du skate ou du karting sur les pistes d’un aéroport devenu inutile pour cause de carburant de trop cher, comme nous allons aujourd’hui nous balader au bord du canal de la Martinière ? L’argument d’Ayrault accrédite l’idée toute bête que Nantes veut simplement réaliser une bonne affaire immobilière avec les terrains libérés sur le site de l’aéroport actuel de Bouguenais.

À la faveur du projet de réforme des collectivités territoriales, il est question de créer des « super-métropoles » sous forme de groupements de grandes villes voisines. On pense immédiatement au regain d’amitié entre Rennes et Nantes (voir l’émission du « débat » entre Ayrault et Delaveau) diffusée sur Télénantes et TV-Rennes ces jours-ci. Et on les imagine bientôt pacsés sous forme d’un établissement public pour financer ensemble ce nouvel outil du développement « régional ». L’idéologie dominante, à droite comme à gauche, veut que les villes soient désormais les fers de lance de la compétitivité des territoires. Du haut de leurs beffrois, les bourgmestres vont aménager ces « no man’s land » qui les séparent et entravent leur croissance économique : bocages, marais et autres landes inutiles. Déjà, les 4-voies ont permis d’occulter les champs cultivés, remplacés par des zones logistiques parsemés de parcs forestiers. Et si les générations futures nous en voulaient d’avoir saccagé un capital ? Y. P.

8 octobre 2009

L’enfermement identitaire


Exalter le passé est une idée bien partagée à droite comme à gauche. On regarde son nombril, son arbre généalogique, et on en oublie le présent et l’avenir. Peut-être attend-on de la gauche un regard plus universel, moins centré sur l’identité ? Après tout, la Révolution française a créé les départements pour casser les vieilles provinces et faire table rase du passé. En soufflant sur les braises (les cendres encore chaudes) d’un rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, Nicolas Sarkozy a un peu joué avec le feu et flatté les « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » (Brassens), les porteurs de vieux drapeaux, et cela au mépris des nuances car une ville comme Nantes est faite de Bretons, de Vendéens, de Choletais, de Parisiens, d’autres venus d’ailleurs, ce qui, au bout du compte, compose une société aérée et ouverte. Nantes n’est pas la propriété d’une Bretagne idéalisée. J’ai beau adorer la musique de Didier Squiban ou d’Alan Stivell, cela ne me donne pas envie de connaître une anschluss, un enfermement dans des frontières administratives du passé. E.G.

La Loire-Atlantique en Bretagne, ce serait une idée de droite ?


L’association Bretagne réunie profite du débat sur la réforme des collectivités territoriales pour porter le fer. C’est de bonne guerre, même si l’opération est politiquement délicate. En novembre 2008, Sarkozy avait jeté un pavé, en se demandant dans quelle région se trouvait Nantes et l’onde s’est propagée pendant un an dans notre petite mare régionale. Les militants de la réunification, pragmatiques, s’adressent désormais directement au président. Mais toutes les grandes villes, départements et régions concernées sont gouvernées à gauche. Le petit jeu de l’UMP, aujourd’hui, consiste à tailler des brèches dans le mur socialiste. Je vous garantis que si la droite remporte la région des Pays de la Loire, au printemps prochain, l’Élysée ne parlera plus de la Loire-Atlantique en Bretagne. Le jeu est donc dangereux. D’autant plus qu’à lire la liste des 100 premiers signataires de Bretagne réunie, on trouve beaucoup de patrons d’entreprises, mais pas seul représentant du monde syndical ou social, et pas de mouvement engagé à gauche.

Ce que j’en pense, sur le fond ? Notre micro-rédaction de Vu de Nantes est assez emblématique. Emmanuel Guimard est un Nantais de souche vendéenne. Il a ses racines dans le bocage et a fini par l’assumer (sic). De mon côté, vous avez un bas-breton attaché au pays et sa culture au point de fréquenter Diwan et d’apprendre le breton. Nantes peut être vécue à la mode bretonne sans difficulté. Si la frontière se déplaçait de 100 kilomètres au sud, rien ne changerait pour moi. Mon seul argument pour la Loire-Atlantique en Bretagne est affectif. Je ne perçois aucun avantage pour les citoyens à changer la donne. Ni économique, ni social, ni démocratique. Sauf si on se place dans la perspective d’une plus grande autonomie des régions (façon espagnole, britannique ou allemande). Et là n’est pas le débat posé par la réforme des collectivités territoriales.

Souvent confronté à de vibrants militants de la réunification, je leur réponds que le sujet me laisse froid. Pourquoi ne pas mettre leur énergie à combattre la pollution des rivières bretonnes, la laideur des zones commerciales au bord de la N 165, ou la misère intellectuelle dans les cités pavillonnaires de Rennes et Nantes ? On me dit qu’il y aurait plus de trains entre Nantes et Rennes. Cela signifie-t-il qu’il y en aurait moins entre Nantes et Angers ? Allons donc, et pourquoi ne pas réclamer plutôt plus de trains interrégionaux ?

En revanche, la ville de Nantes, dans ses ambitions mégalomaniaques de métropole européenne, aurait tout à gagner une intégration à la Bretagne. Il faudra bien se faire une raison, la cité des ducs ne sera jamais au centre géographique d’une région. Autant s’appuyer sur un territoire ayant une histoire, une identité et une visibilité internationale.

S’il y a demain un référendum sur la Loire-Atlantique en Bretagne, je voterai oui, de cœur. À condition que le débat ne soit pas pollué – c’est souvent le cas - par des relents nationalistes ou ultralibéraux.

« Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau / Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau » (Brassens)

Y. P.

4 octobre 2009

René Martin, Éric Boistard, Jean Blaise et Jean-Paul Davois, le carré de la médiation selon Yannick Guin

(En photo, Littoral, de Wajdi Mouawad, en ce moment à Nantes, photo Thibaut Baron)

L’histoire se déroule lors de la présentation à la presse du nouveau spectacle de l’Opéra Nantes-Angers, Le Pauvre Matelot. Après les applaudissements, les politiques prennent la parole. Yannick Guin n’est plus adjoint à la culture à Nantes, mais chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur. Il est quand même resté président d’Angers Nantes opéra. Bien vite, ce n’est plus le président qui parle mais l’éternel ministre de la culture de Jean-Marc Ayrault. Et de se lancer dans un vibrant hommage au travail des « médiateurs ». Non pas les artistes, mais ceux qui mettent les œuvres en contact avec le public. Il parle, en l’occurrence, des directeurs de grands établissements culturels de la place. « Nous avons la chance à Nantes d’avoir des personnalités de grande valeur, René Martin (La Folle Journée), Éric Boistard (l’Olympic), Jean Blaise (Le Lieu Unique) et Jean-Paul Davois, le directeur d’Angers Nantes opéra dont on parle moins, à tort », lance-t-il.

Oui, le carré de rois (pas de reine dans le lot) abattu par Yannick Guin connaît son métier et aussi le terrain nantais. Ils l’arpentent depuis des années, des décennies pour certains. Incontournables, incontestables, indéboulonnables. Quand Yannick Guin leur dresse des couronnes, c’est sa propre politique culturelle qu’il congratule. Quatre piliers seulement ? Pourtant, il y en a des dizaines d’autres, au Pannonica, à la Bouche d’air, au TNT, à l’Athanor, au Théâtre universitaire, dans des maisons de quartiers comme celle de Doulon ou des associations comme La Luna. Tout cela sans parler des communes voisines. Des dizaines d’acteurs qui n’ont pas la sécurité d’un matelas de spectateurs fidèles pour accomplir leur bonne action de démocratisation culturelle. Bien sûr, la Ville connaît leur travail et les soutient financièrement, mais la sélection faite par Yannick Guin révèle un point de vue pyramidal qui finit par fatiguer. Et si l’on veut s’en tenir à l’excellence artistique, comment ne pas mentionner le Grand T, responsable de l’événement culturel majeur de cet automne à Nantes, la venue de la troupe de Wajdi Mouawad pour une série de représentations de sa tétralogie théâtrale, Le Sang des promesses. Les week-ends des 10 et 17 octobre, le Grand T proposera les trois premières pièces du Sang des promesses à la suite, soit huit heures de spectacle et quel spectacle ! Philippe Coutant, le directeur du Grand T, ne revendique sans doute pas le qualificatif de médiateur au sens où Yannick Guin l’entend, n’empêche qu’il fait venir à Nantes le top mondial du théâtre. Y. P.

29 septembre 2009

Al Foul, la relique rockabilly


Al Foul est une bénédiction pour les amateurs de rockabilly primitif. Qui plus est, il joue souvent à Nantes (ce soir par exemple) pour cause de connexion avec les nantais French Cow Boys et compagnie. Chose insolite, il se produit en ce moment avec un DJ tripotant des bidules électroniques, c’est un peu la carpe et le lapin mais ça fonctionne. J’ai eu la chance de le voir l’année dernière avec un vrai accompagnement musical dont un joueur de télécaster, toujours pertinent pour tricoter des guirlandes électriques. Peu importe, Al Foul est sorti d’un formol fifties avec une vraie voix geignarde synthétisant Charlie Feathers, Johnny Cash Carl Perkins, ou Johnny Burnette Trio. Al Foul a aussi le bon goût d’introduire dans son répertoire des bijoux oubliés du rockabilly comme le « Slow down » de Jack Earl, l’une de mes 100 chansons préférée. Al Foul ne triche pas, il se gomine à la Nu Nile, pommade bien graisseuse (au diable le gel à fixation rapide), boit du whisky par pinte et trimbale une guitare hors d’âge. A voir aussi, dans le même registre, le « Violent day » de Lucile Chaufour, actuellement au cinéma Le Concorde. E.G.

28 septembre 2009

C’était quand la semaine de la mobilité ?


S’il est un événement qui passe inaperçu, c’est bien la semaine de la mobilité : même alignement de voitures avec, généralement, un seul occupant à bord, des scooters trafiqués, dont personne ne contrôle le niveau sonore, des camions qui passent à deux centimètres de mes frêles épaules de cycliste sur la piste du quai de la Fosse (50 centimètres de large à peu près). Changer de mode de déplacement pendant une semaine, c’est comme le carême : un effort temporaire, exceptionnel et facultatif dont, de toute évidence, tout le monde se fout. Nantes travaille actuellement à un Plan de déplacement urbain qu’elle doit adopter l’année prochaine. L’actuel date de 2000. L’enquête préalable menée par l’Insee montre que, si les transports en commun progressent bien, ce n’est pas le cas du vélo qui tourne autour de 2 % des déplacements urbains. Quitte à être ambitieux autant prendre l’exemple de Strasbourg qui veut passer de 10 à 20 % ou, mieux, Fribourg, Amsterdam ou Copenhague, qui culmine à 35 %. La recette est connue. Elle consiste à créer des pistes cyclables continues et sécurisées. Emprunter celle du quai de la Fosse, un soir d’hiver sous la pluie, c’est un peu jouer à la roulette russe. E.G.

23 septembre 2009

Quels artistes pour devenir une ville à la mode ?


Dans les années quatre-vingt, Montpellier avait forte cote auprès des Parisiens trentenaires en quête d’évasion. La décennie suivante a vu l’ascension de Nantes et Toulouse. Aujourd’hui, Lille est très couru. « Il s’y passe tant de choses et les gens sont vraiment chaleureux », caquette-t-on entre deux petits fours. Quand je dis que j’habite Nantes, il m’arrive encore de recevoir quelques clichés, mais avec une pointe de doute, désormais. « Ah, une belle ville, n’est-ce pas ? » Je fais la moue. Tant d’autres sont tellement plus belles… « Au point de vue culturel, c’est très actif, non ? » Ah oui, ma brave dame, y a de la marchandise en rayon. Au passage, je me demande si cette notion de dynamisme culturel n’est pas en train de devenir un indice boursier de la valeur des villes. Autrefois, les magazines mesuraient l’attractivité culturelle au nombre de places de cinéma vendues dans l’année, pour comparer les « villes où il fait bon vivre ». Maintenant, on sent bien que c'est un peu dépassé, cette façon de compter, aligner des chiffres de fréquentations, des nombres de spectacles. Mais comment mesurer le dynamisme artistique d'une population, alors ? Par la production locale ? Au fait, combien de Parisiens, même cultivés, pourraient citer un romancier, un metteur en scène, un architecte, un plasticien ou un peintre nantais ? Sans parler de cinéaste. Je suppose qu’il faut être parisien pour tourner des films. Quelques chanteuses et chanteurs conservent des accointances avec leur ville natale en ayant accédé à une notoriété nationale, comme Jeanne Cherhal. Mais rien d’aussi puissant que Miossec avec Brest. La mairie devrait insister auprès du conservatoire ou de Trempolino pour qu’ils forment enfin une vraie vedette. C’est injuste, car Nantes n’est pas un désert. On y trouve un nid fécond en dessinateurs de bandes dessinées, par exemple. Les géants de Royal de Luxe et l’Éléphant de la Machine, oui, sont mondialement connus comme des attractions nantaises. Les artistes lillois sont-ils davantage connus, hors du Nord ? Non bien sûr. Pourtant Lille, depuis l’année européenne de la culture 2004, gagne des points en donnant l’image d’un foisonnement créatif et populaire quand Nantes semble marcher au pas d’un éléphant. Affaire de « com », direz-vous ? Oui, mais si les géants passaient de mode, comment les faire partir ? Y. P.

11 septembre 2009

Une émotion de l'été : Homogène Duo


Avant que la folie de la rentrée ne finisse de laminer notre tendresse estivale, je signale une de mes émotions de juillet, que je dois à un créateur d’ici. Enfin plutôt de Cholet où est basée sa compagnie. Dans le Off du festival d’Avignon, Yvann Alexandre a présenté une nouvelle pièce de danse, Homogène Duo. En à peine 50 minutes, sans décor, ni bavardage, deux danseurs racontent l’histoire de notre propre corps ou de n’importe quel organe vivant. Fusion, croissance, séparation, lutte et à nouveau fusion. Cette composition est très simple d'accès pour qui n'est pas connaisseur en danse. Elle a la beauté brute et évidente dun un bijou que l’on fait jouer entre ses doigts. Je ne crois pas qu'Yvann Alexandre soit très connu à Nantes. C'est pourtant un voisin qui vaut d'être salué.