29 septembre 2009

Al Foul, la relique rockabilly


Al Foul est une bénédiction pour les amateurs de rockabilly primitif. Qui plus est, il joue souvent à Nantes (ce soir par exemple) pour cause de connexion avec les nantais French Cow Boys et compagnie. Chose insolite, il se produit en ce moment avec un DJ tripotant des bidules électroniques, c’est un peu la carpe et le lapin mais ça fonctionne. J’ai eu la chance de le voir l’année dernière avec un vrai accompagnement musical dont un joueur de télécaster, toujours pertinent pour tricoter des guirlandes électriques. Peu importe, Al Foul est sorti d’un formol fifties avec une vraie voix geignarde synthétisant Charlie Feathers, Johnny Cash Carl Perkins, ou Johnny Burnette Trio. Al Foul a aussi le bon goût d’introduire dans son répertoire des bijoux oubliés du rockabilly comme le « Slow down » de Jack Earl, l’une de mes 100 chansons préférée. Al Foul ne triche pas, il se gomine à la Nu Nile, pommade bien graisseuse (au diable le gel à fixation rapide), boit du whisky par pinte et trimbale une guitare hors d’âge. A voir aussi, dans le même registre, le « Violent day » de Lucile Chaufour, actuellement au cinéma Le Concorde. E.G.

28 septembre 2009

C’était quand la semaine de la mobilité ?


S’il est un événement qui passe inaperçu, c’est bien la semaine de la mobilité : même alignement de voitures avec, généralement, un seul occupant à bord, des scooters trafiqués, dont personne ne contrôle le niveau sonore, des camions qui passent à deux centimètres de mes frêles épaules de cycliste sur la piste du quai de la Fosse (50 centimètres de large à peu près). Changer de mode de déplacement pendant une semaine, c’est comme le carême : un effort temporaire, exceptionnel et facultatif dont, de toute évidence, tout le monde se fout. Nantes travaille actuellement à un Plan de déplacement urbain qu’elle doit adopter l’année prochaine. L’actuel date de 2000. L’enquête préalable menée par l’Insee montre que, si les transports en commun progressent bien, ce n’est pas le cas du vélo qui tourne autour de 2 % des déplacements urbains. Quitte à être ambitieux autant prendre l’exemple de Strasbourg qui veut passer de 10 à 20 % ou, mieux, Fribourg, Amsterdam ou Copenhague, qui culmine à 35 %. La recette est connue. Elle consiste à créer des pistes cyclables continues et sécurisées. Emprunter celle du quai de la Fosse, un soir d’hiver sous la pluie, c’est un peu jouer à la roulette russe. E.G.

23 septembre 2009

Quels artistes pour devenir une ville à la mode ?


Dans les années quatre-vingt, Montpellier avait forte cote auprès des Parisiens trentenaires en quête d’évasion. La décennie suivante a vu l’ascension de Nantes et Toulouse. Aujourd’hui, Lille est très couru. « Il s’y passe tant de choses et les gens sont vraiment chaleureux », caquette-t-on entre deux petits fours. Quand je dis que j’habite Nantes, il m’arrive encore de recevoir quelques clichés, mais avec une pointe de doute, désormais. « Ah, une belle ville, n’est-ce pas ? » Je fais la moue. Tant d’autres sont tellement plus belles… « Au point de vue culturel, c’est très actif, non ? » Ah oui, ma brave dame, y a de la marchandise en rayon. Au passage, je me demande si cette notion de dynamisme culturel n’est pas en train de devenir un indice boursier de la valeur des villes. Autrefois, les magazines mesuraient l’attractivité culturelle au nombre de places de cinéma vendues dans l’année, pour comparer les « villes où il fait bon vivre ». Maintenant, on sent bien que c'est un peu dépassé, cette façon de compter, aligner des chiffres de fréquentations, des nombres de spectacles. Mais comment mesurer le dynamisme artistique d'une population, alors ? Par la production locale ? Au fait, combien de Parisiens, même cultivés, pourraient citer un romancier, un metteur en scène, un architecte, un plasticien ou un peintre nantais ? Sans parler de cinéaste. Je suppose qu’il faut être parisien pour tourner des films. Quelques chanteuses et chanteurs conservent des accointances avec leur ville natale en ayant accédé à une notoriété nationale, comme Jeanne Cherhal. Mais rien d’aussi puissant que Miossec avec Brest. La mairie devrait insister auprès du conservatoire ou de Trempolino pour qu’ils forment enfin une vraie vedette. C’est injuste, car Nantes n’est pas un désert. On y trouve un nid fécond en dessinateurs de bandes dessinées, par exemple. Les géants de Royal de Luxe et l’Éléphant de la Machine, oui, sont mondialement connus comme des attractions nantaises. Les artistes lillois sont-ils davantage connus, hors du Nord ? Non bien sûr. Pourtant Lille, depuis l’année européenne de la culture 2004, gagne des points en donnant l’image d’un foisonnement créatif et populaire quand Nantes semble marcher au pas d’un éléphant. Affaire de « com », direz-vous ? Oui, mais si les géants passaient de mode, comment les faire partir ? Y. P.

11 septembre 2009

Une émotion de l'été : Homogène Duo


Avant que la folie de la rentrée ne finisse de laminer notre tendresse estivale, je signale une de mes émotions de juillet, que je dois à un créateur d’ici. Enfin plutôt de Cholet où est basée sa compagnie. Dans le Off du festival d’Avignon, Yvann Alexandre a présenté une nouvelle pièce de danse, Homogène Duo. En à peine 50 minutes, sans décor, ni bavardage, deux danseurs racontent l’histoire de notre propre corps ou de n’importe quel organe vivant. Fusion, croissance, séparation, lutte et à nouveau fusion. Cette composition est très simple d'accès pour qui n'est pas connaisseur en danse. Elle a la beauté brute et évidente dun un bijou que l’on fait jouer entre ses doigts. Je ne crois pas qu'Yvann Alexandre soit très connu à Nantes. C'est pourtant un voisin qui vaut d'être salué.