9 octobre 2009

Ayrault et Delaveau montent en avion


« Le choix de la décroissance est une faute grave vis-à-vis des générations futures. » L’argument servi par Jean-Marc Ayrault pour justifier son soutien à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Ouest-France du 6 octobre) est tellement consternant qu’on se demande si les journalistes d’Ouest-France ont bien entendu. Ne manque plus qu’un peu d’ironie sur les nostalgiques de la marine à huile et de la lampe à voile. Pardon, j’inverse, mais c’est contrariant, ces rengaines.

Les générations futures n’iront-elles pas plutôt faire du skate ou du karting sur les pistes d’un aéroport devenu inutile pour cause de carburant de trop cher, comme nous allons aujourd’hui nous balader au bord du canal de la Martinière ? L’argument d’Ayrault accrédite l’idée toute bête que Nantes veut simplement réaliser une bonne affaire immobilière avec les terrains libérés sur le site de l’aéroport actuel de Bouguenais.

À la faveur du projet de réforme des collectivités territoriales, il est question de créer des « super-métropoles » sous forme de groupements de grandes villes voisines. On pense immédiatement au regain d’amitié entre Rennes et Nantes (voir l’émission du « débat » entre Ayrault et Delaveau) diffusée sur Télénantes et TV-Rennes ces jours-ci. Et on les imagine bientôt pacsés sous forme d’un établissement public pour financer ensemble ce nouvel outil du développement « régional ». L’idéologie dominante, à droite comme à gauche, veut que les villes soient désormais les fers de lance de la compétitivité des territoires. Du haut de leurs beffrois, les bourgmestres vont aménager ces « no man’s land » qui les séparent et entravent leur croissance économique : bocages, marais et autres landes inutiles. Déjà, les 4-voies ont permis d’occulter les champs cultivés, remplacés par des zones logistiques parsemés de parcs forestiers. Et si les générations futures nous en voulaient d’avoir saccagé un capital ? Y. P.

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