8 octobre 2009

La Loire-Atlantique en Bretagne, ce serait une idée de droite ?


L’association Bretagne réunie profite du débat sur la réforme des collectivités territoriales pour porter le fer. C’est de bonne guerre, même si l’opération est politiquement délicate. En novembre 2008, Sarkozy avait jeté un pavé, en se demandant dans quelle région se trouvait Nantes et l’onde s’est propagée pendant un an dans notre petite mare régionale. Les militants de la réunification, pragmatiques, s’adressent désormais directement au président. Mais toutes les grandes villes, départements et régions concernées sont gouvernées à gauche. Le petit jeu de l’UMP, aujourd’hui, consiste à tailler des brèches dans le mur socialiste. Je vous garantis que si la droite remporte la région des Pays de la Loire, au printemps prochain, l’Élysée ne parlera plus de la Loire-Atlantique en Bretagne. Le jeu est donc dangereux. D’autant plus qu’à lire la liste des 100 premiers signataires de Bretagne réunie, on trouve beaucoup de patrons d’entreprises, mais pas seul représentant du monde syndical ou social, et pas de mouvement engagé à gauche.

Ce que j’en pense, sur le fond ? Notre micro-rédaction de Vu de Nantes est assez emblématique. Emmanuel Guimard est un Nantais de souche vendéenne. Il a ses racines dans le bocage et a fini par l’assumer (sic). De mon côté, vous avez un bas-breton attaché au pays et sa culture au point de fréquenter Diwan et d’apprendre le breton. Nantes peut être vécue à la mode bretonne sans difficulté. Si la frontière se déplaçait de 100 kilomètres au sud, rien ne changerait pour moi. Mon seul argument pour la Loire-Atlantique en Bretagne est affectif. Je ne perçois aucun avantage pour les citoyens à changer la donne. Ni économique, ni social, ni démocratique. Sauf si on se place dans la perspective d’une plus grande autonomie des régions (façon espagnole, britannique ou allemande). Et là n’est pas le débat posé par la réforme des collectivités territoriales.

Souvent confronté à de vibrants militants de la réunification, je leur réponds que le sujet me laisse froid. Pourquoi ne pas mettre leur énergie à combattre la pollution des rivières bretonnes, la laideur des zones commerciales au bord de la N 165, ou la misère intellectuelle dans les cités pavillonnaires de Rennes et Nantes ? On me dit qu’il y aurait plus de trains entre Nantes et Rennes. Cela signifie-t-il qu’il y en aurait moins entre Nantes et Angers ? Allons donc, et pourquoi ne pas réclamer plutôt plus de trains interrégionaux ?

En revanche, la ville de Nantes, dans ses ambitions mégalomaniaques de métropole européenne, aurait tout à gagner une intégration à la Bretagne. Il faudra bien se faire une raison, la cité des ducs ne sera jamais au centre géographique d’une région. Autant s’appuyer sur un territoire ayant une histoire, une identité et une visibilité internationale.

S’il y a demain un référendum sur la Loire-Atlantique en Bretagne, je voterai oui, de cœur. À condition que le débat ne soit pas pollué – c’est souvent le cas - par des relents nationalistes ou ultralibéraux.

« Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau / Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau » (Brassens)

Y. P.

2 commentaires:

  1. Nantes devrait rejoindre la Bretagne même si elle perd un statut de "capitale régionale".
    Dans l'Union Européenne, je crois que Nantes est la 74ème agglomération par son nombre d'habitants et Rennes est au-delà de la centième place. Autant dire que c'est tempête dans un verre d'eau et que les deux villes auraient intérêt à collaborer plutôt qu'à se chamailler pour un titre qui ne signifie rien.
    Mais au moins Nantes serait dans une région qui a une visibilité au plan international.
    Pays de Loire ne signifie rien. Les gens confondent avec les Châteaux de la Loire.
    Quant au mot "ligérien" que le Conseil régional veut imposer, j'en ai fait l'expérience, hors de ce cénacle, les gens comprennent algérien ou nigérien !

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  2. C'est vrai qu'après les régionales, l'UMP a maintenant intérêt à la réunification de la Bretagne.
    Le changement de la sociologie dans les cinq départements de la Bretagne historique depuis quarante ans avec mai 68, Vatican II et les Chrétiens de gauche, l'installation de bobos parisiens à Rennes et Nantes, a fait que pour la gauche, la Bretagne est passée du statut de terre de missions à celui de bastion électoral.
    La droite n'a plus aucune chance avant longtemps de récupérer la Bretagne administrative actuelle.
    Pour les Pays de la Loire, c'est la même chose et ceci à cause de la Loire-Atlantique, qui représente à elle seule 35% des habitants des PdL et tire la région à gauche.
    Par contre en 2007 Nicolas Sarkozy l'a emporté dans tous les départements des PdL sauf en Loire-Atlantique.
    Donc l'intérêt pour l'UMP serait, perdue pour perdue, de faire d'une Bretagne à cing un "ghetto de gauche", ce qui lui permettrait dans les PdL résiduels ou dans une région Maine-Anjou de récupérer une région !
    Egalement avantages à plus court terme : diviser les socialistes entre les pro et anti réunification, Le Drian/Maréchal vs Auxiette/Ayrault. Rue de Solférino : vous avez aimé le Languedoc-Roussillon, vous adorerez la Bretagne !
    Enfin pour le début de la reconquête de la Bretagne par la droite, Sarkozy pourra se présenter comme le champion de la cause bretonne, celui qui aura permis d'ouvrir la voie de la réunification de la Bretagne et accessoirement y glaner des voix pour 2012 !

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