Exalter le passé est une idée bien partagée à droite comme à gauche. On regarde son nombril, son arbre généalogique, et on en oublie le présent et l’avenir. Peut-être attend-on de la gauche un regard plus universel, moins centré sur l’identité ? Après tout, la Révolution française a créé les départements pour casser les vieilles provinces et faire table rase du passé. En soufflant sur les braises (les cendres encore chaudes) d’un rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, Nicolas Sarkozy a un peu joué avec le feu et flatté les « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » (Brassens), les porteurs de vieux drapeaux, et cela au mépris des nuances car une ville comme Nantes est faite de Bretons, de Vendéens, de Choletais, de Parisiens, d’autres venus d’ailleurs, ce qui, au bout du compte, compose une société aérée et ouverte. Nantes n’est pas la propriété d’une Bretagne idéalisée. J’ai beau adorer la musique de Didier Squiban ou d’Alan Stivell, cela ne me donne pas envie de connaître une anschluss, un enfermement dans des frontières administratives du passé. E.G.
8 octobre 2009
L’enfermement identitaire
Exalter le passé est une idée bien partagée à droite comme à gauche. On regarde son nombril, son arbre généalogique, et on en oublie le présent et l’avenir. Peut-être attend-on de la gauche un regard plus universel, moins centré sur l’identité ? Après tout, la Révolution française a créé les départements pour casser les vieilles provinces et faire table rase du passé. En soufflant sur les braises (les cendres encore chaudes) d’un rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, Nicolas Sarkozy a un peu joué avec le feu et flatté les « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » (Brassens), les porteurs de vieux drapeaux, et cela au mépris des nuances car une ville comme Nantes est faite de Bretons, de Vendéens, de Choletais, de Parisiens, d’autres venus d’ailleurs, ce qui, au bout du compte, compose une société aérée et ouverte. Nantes n’est pas la propriété d’une Bretagne idéalisée. J’ai beau adorer la musique de Didier Squiban ou d’Alan Stivell, cela ne me donne pas envie de connaître une anschluss, un enfermement dans des frontières administratives du passé. E.G.
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