30 novembre 2009

Les Left Lane Cruisers à La Barakason


Pratiques, peu encombrants et économiques en masse salariale, les duos sont très en vogue dans le rock'n roll contemporain... avec plus ou moins de bonheur car un minimum de connaissance musicale est requis. L'apogée du genre est sans doutes les White Stripes, mais dans la même division, et pour seulement 10 euros, on pouvait voir les Left Lanes Cruisers, et trois autres groupes dans la petite salle intimiste de la Barakason de Rezé, le 28 novembre. Chose incroyable dans l'Amérique de Paris Hilton, ces deux petits blancs de l'Illinois, barbus comme de jeunes ZZ Top, ne jurent que par Muddy Water ou Hound Dog Taylor avec un jeu guitare tout en slide, précis et agressif, quoi q'un peu dans la ritournelle. Quant au batteur et percussionniste, il survole de haut le tchacaboum de Meg White. Ces deux barbus vont monter, c'est certain.

27 novembre 2009

Ces entreprises qui ne font plus rêver


Le plan de départs volontaires est une variable d’ajustement très en vogue, l’ultime recours avant le plan social. Plusieurs centaines de salariés ont ainsi quitté Manitou ou Bénéteau, ce dernier a même du restreindre cette possibilité. Nulle doute que le guichet ouvert pour 351 postes chez STX-France recueille un certain succès. l’ex-Chantier de l’Atlantique a d’ailleurs pris ses précautions en précisant bien les postes éligibles, afin de ne pas se dépouiller de compétences clés ni, sans doutes, des salariés les plus dynamiques. La grande entreprise, longtemps synonyme de sécurité, ne fait plus rêver. Malgré la dureté du marché du travail, les salariés sont nombreux à choisir le départ, à vouloir chercher ailleurs des perspectives d’avenir. Suppositions : le poids de la hiérarchie, l’absence de perspectives, l’envie d’indépendance ?

23 novembre 2009

La Folle Journée de Nantes transforme Chopin en avatar

Création LM Y&R photo Getty images, Pleyel
La Folle Journée de Nantes pourrait faire poser un vieux singe galeux sur son affiche, elle ne perdrait pas un seul de ses spectateurs. Ça n’empêche, on reste interloqué par le choix de cette image. Elle est supposée représenter Frédéric Chopin et George Sand éternellement amants dans l’univers intemporel des génies. Quelles circonvolutions peut prendre la réflexion d’un publicitaire pour aboutir à un tel désastre esthétique ? Cette image emprunte aux codes graphiques du jeu vidéo, elle nous montre des avatars dans un vaste loft au parquet luisant inondé par une lumière que laissent entrer de multiples baies vitrées. Le loft est meublé d’un unique piano à queue. Par une des fenêtres, on aperçoit le sommet d’un gratte-ciel paraît-il bien connu de Varsovie. Ce dernier détail, comme les lettres GEORGE sur le T-shirt de la jeune femme, font penser à des images-liens. En cliquant dessus, on devrait voir apparaître un autre personnage (un blonde polonaise) prêt à nous débiter les derniers potins sur la vie amoureuse du compositeur. Le tout est supposé plaire aux jeunes, établir la connexion entre le pianiste de génie et les amateurs de pop. Le résultat est aussi navrant que ces quinquagénaires qui disent «je kiffe» pour accrocher l’attention de leurs fils (ou peut être de leurs copines). Que voit-on dans cette image ? D’abord un décor tellement virtuel qu’il ne conviendrait même pas à une publicité pour des matériaux de second œuvre. Trop propre. Il est peut être assez aseptisé pour une compagnie d’assurance, une banque. Surtout, il évoque l’argent : par l’espace, la lumière (l’altitude), la brillance, le piano lui-même, le luxe potentiel à venir. Même en blue-jean les deux personnages ne peuvent cacher leur nature de Sims malfaisants. Tout ce qu’ils cherchent dans ce petit jeu, c’est gagner des points de fortune et de reconnaissance sociale, en se faisant passer pour des amateurs de musique.

Saint-Nazaire = Gandrange ?


« Nous allons nous engager pour que les chantiers vivent », avait déclaré Nicolas Sarkozy, le 5 septembre 2008 chez STX France à Saint-Nazaire, à bord du MSC Fantasia en cours d’achèvement. Devant une rangée d’ouvriers en bleu de travail (triés sur le volet), le président de la République avait même promis une visite annuelle à Saint-Nazaire pour s’assurer de la bonne santé du chantier naval. Chacun sait que ce type de fanfaronnades n’a aucune valeur, mais la légèreté de telles promesses reste un sujet d’étonnement permanent. Le chantier va-il connaître le sort de Gandrange, que le président s’était engagé à sauver ? À Saint-Nazaire, en novembre 2009, le chantier n’a toujours pas signé de commandes significatives à part un Bâtiment de projection et de commandement (BPC) représentant 20 % de la charge annuelle. Et l’État n’a pas l’intention d’acheter d’autres bateaux de guerre pour sauver le chantier. Ce qui est compréhensible. Quant aux armateurs de la croisière, dont MSC, premier client de STX France, ils n’auraient plus les moyens de financer l’achat de paquebots. Et là encore, l’État français n’y peut rien. Dans ce cas, mieux vaut se taire.

20 novembre 2009

Bon voyage, Juste pour rire


Le festival Juste pour rire ne reviendra pas à Nantes au printemps prochain. L’annonce ne tirera aucune larme au monde de la culture à Nantes. Juste pour rire était trop marqué show-biz, même s’il s’en défendait en multipliant les présentations de jeunes talents. La dernière édition, en particulier ,avait perdu l’ambiance de gaîté québécoise qu’on avait pu trouver les années précédentes dans le grand hall de la Cité des congrès. Quant au spectacle de la Clique, au bout de l’Île de Nantes, il aura laissé plus un souvenir plus que mitigé, sans compter l’ardoise. Car Juste pour rire se soldait par un déficit de plusieurs centaines de milliers d’euros, assez difficile à évaluer tant il était accueilli dans des conditions privilégiées à la Cité Internationale des Congrès. La Ville refuse de remettre au pot, au nom de l’économie des deniers publics. La population comprendra. Quant à ceux qui regrettent Dubosc ou Foresti, qu’ils se consolent avec les nouveaux cabarets du centre-ville : la Compagnie du café théâtre, le théâtre de Jeanne, Nantes comedy club… C’est plus sympa que le Zénith.

15 novembre 2009

Crétins en casquette


Si vous êtes un chanteur de rap de troisième zone et que vous voulez vous payer les Francofolies ou l’Olympic, écrivez un texte plus bête, plus méchant, plus sexiste, plus violent que tout ce qui existe sur le marché, genre « sale pute ». Facile et pub garantie. Evitez le rap anti-flic, d’autres crétins en casquette l’ont déjà fait, ou antisémite, c’est à la mode mais ça reste illégal. Avec « Sale pute », vous choquerez les associations féministes et quelques élues comme notre députée Marie-Françoise Clergeau. Et oui, ce sont surtout les femmes qui s’offusquent. Car beaucoup d’entre-elles ne croient pas le rappeur de base assez malin pour manier le second degré sur ce type de sujets. Il se trouve qu’une femme meurt tous les deux jours de brutalités conjugales. En échange, vous pourrez bénéficier du soutien de brutes épaisses ou de démagogues, à droite comme à gauche.

Le roi de l’oud à LU


Il y a des disques que l’on peut écouter à l’infini sans se lasser. C’est le cas de ceux du Tunisien Anouar Brahem, le roi du oud, cet ancêtre demi-cylindrique de la guitare. Conte de l'incroyable amour et Thimar sont des chefs d’oeuvre inusables. Sachant s’affranchir de la musique traditionnelle, sa musique très écrite évoque John Coltrane ou Jimmy Guiffre avec des intonations cubaines. C’était le cas samedi à Nantes, avec un solide quartet dont un clarinettiste très inspiré. Petit bémol : une première partie à mourir d’ennui et le fait d’attendre trop longtemps tassés comme des sardines sur les mauvaises banquettes de l’espace LU.

10 novembre 2009

Ouramdane au T.U., un choc


Ils marchent sur la scène dans la pénombre, puis sont saisis les uns après les autres sous la lumière d’un mur de lampes et leur corps se désarticule, perd forme humaine, à la limite de la contorsion. Leurs membres se défont, des bosses surgissent, des fosses se creusent où il y aurait des épaules ou des hanches. Ce n’est pas la douleur de la chair qu’ils montrent, mais un point juste avant la fracture physique où les morceaux se détachent, ou tournoient jusqu’au seuil du fantastique. Des Témoins ordinaires met en danse des témoignages de victimes de la tortures. Au tout début, ces témoins essayent de raconter avec mots, ou plutôt expliquent pourquoi ils n’arrivent pas à décrire ce qu’ils ont subi. Le chorégraphe Rachid Ouramdane a mis en scène cet effort de souvenir et non pas la souffrance elle-même qui, elle, aurait été insupportable à regarder assis dans son fauteuil de théâtre. Une des voix témoins dit que quand il raconte, même s'il arrive à trouver les mots, reste toujours l’impression qu’on ne peut pas être cru. Apparemment, une bonne partie du public nantais n’a pas vu ce que la tentative avait de poignant et de nécessaire. Des Témoins ordinaires présenté au T.U. par le festival Transandanse.

6 novembre 2009

De la grande et belle danse… si lointaine


Photo Liu Yang

La biennale Transcendance s’est ouverte le 4 novembre au Grand T, par un « grand spectacle », Bahok, d’Akram Kahn. Le chorégraphe britannique a servi une world dance impressionnante par la virtuosité. Par moments, quand même, l’accumulation de références (Inde, Chine, hip hop…) m’a fait décrocher, comme en devant une leçon trop bien apprise. Avec cette entrée en matière, Transcendance se présente sous le signe de l’excellence. Dans son discours d’introduction, Yanick Lebeaupin qui est chargée de la culture au Département de Loire-Atlantique, a insisté sur le soutien apporté par le conseil général aux artistes professionnels. Elle n‘a pas eu le temps de glisser un mot sur la pratique amateur. Le festival est organisé par Musique et danse en Loire-Atlantique qui n’a certes pas oublié d’associer les écoles et de proposer des stages pour les amateurs. On fait découvrir, on permet d’accéder (c’est à dire de voir), on offre à apprendre dans un rapport qui est toujours descendant vers le public, fût-il pratiquant. Est-ce que justement, ce petit plus de vie ou de chaleur qui m’a manqué dans Bahok, ne vient pas de cette distance encore imposée au « beau » ? Et est-ce qu'un festival se serait pas le bon moyen de permettre un peu plus d'appropriation et un peu moins d'admiration ?

4 novembre 2009

La classe british


Un conseil à ceux qui dépensent 70 euros ou plus pour aller voir Johnny Hallyday ou d’autres vieux ringards qui vous rackettent au Zénith ou à La Beaujoire. Pour 14 euros à l’Olympic, on peut voir (de près) du fabuleux Rock’n Roll comme The Jim Jones Revue, hier soir. British, élégants, bien sapés, sincères, purs et durs dans la veine Little Richard, Jerry Lee Lewis, Elvis période RCA (big hunk o’love), ou des garage bands de type Sonics ou Cramps. Bref du jeune avec du vieux indémodable. A ne manquer sous aucun prétexte la prochaine fois qu’ils passent à Nantes.

2 novembre 2009

On dirait le sud !


Sentier haut perché et chênes verts. Le chemin côtier de Saint-Nazaire a des côtés méditerranéens. En forçant un peu on peut se baigner même en octobre. Mon endroit préféré.

1 novembre 2009

Une Toussaint les pieds dans la flotte pour les gens du voyage

Reportage vidéo de Nantes 7 à voir sur dailymotion

http://www.dailymotion.com/video/xaz3a4_expulsion-de-300-roms-a-nantes_news
Dimanche 1er novembre. C’est la Toussaint, il pleut à verse comme de juste. Rien de bien triste quand on est chaud dans son petit appart. Mais quand la famille vient juste de s’installer, à Indre, dans un terrain inondable après une énième expulsion, cette Toussaint doit prendre un goût amer. Jeudi dernier, cinquante familles du voyage ont été chassées du terrain qu’elles occupaient à Chantenay, un terrain vague appartenant à Nantes métropole. La préfecture ne leur a pas proposé de solution et les mairies de l’agglomération ne semblent pas pressées de leur proposer un lieu d’accueil. Entre des propriétaires qui rament pour payer leur pavillon et les gens du voyage, l’histoire de cette défiance mêlée de jalousie est ancienne. C'était la chronique "Nantes vous accueille". Y. P.