10 novembre 2009

Ouramdane au T.U., un choc


Ils marchent sur la scène dans la pénombre, puis sont saisis les uns après les autres sous la lumière d’un mur de lampes et leur corps se désarticule, perd forme humaine, à la limite de la contorsion. Leurs membres se défont, des bosses surgissent, des fosses se creusent où il y aurait des épaules ou des hanches. Ce n’est pas la douleur de la chair qu’ils montrent, mais un point juste avant la fracture physique où les morceaux se détachent, ou tournoient jusqu’au seuil du fantastique. Des Témoins ordinaires met en danse des témoignages de victimes de la tortures. Au tout début, ces témoins essayent de raconter avec mots, ou plutôt expliquent pourquoi ils n’arrivent pas à décrire ce qu’ils ont subi. Le chorégraphe Rachid Ouramdane a mis en scène cet effort de souvenir et non pas la souffrance elle-même qui, elle, aurait été insupportable à regarder assis dans son fauteuil de théâtre. Une des voix témoins dit que quand il raconte, même s'il arrive à trouver les mots, reste toujours l’impression qu’on ne peut pas être cru. Apparemment, une bonne partie du public nantais n’a pas vu ce que la tentative avait de poignant et de nécessaire. Des Témoins ordinaires présenté au T.U. par le festival Transandanse.

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