24 décembre 2009

La fourrure alu de l’immeuble Coupechoux


Les nouvelles constructions, au centre, ne vont pas nuire à la réputation de Nantes la grise. Plusieurs d’entre elles ont sacrifié à la mode de la double peau en façade. Des robes de haute couture, mais sans apport de couleur, comme si l’audace des lignes devait nécessairement s’accompagner d’une certaine modestie chromatique. Or, à Nantes, quand on privilégie le reflet du ciel et de l’eau, on n’obtient que du gris. Sur l’Île de Nantes, l’immeuble du groupe Coupechoux est signé par le cabinet d’architecture Tetrac. Les lames d’aluminium le couvrent comme une fourrure.

Robe ajourée pour l’école de médecine


De l’autre côté du bras de Loire, le nouvel immeuble de la fac de médecine, lui aussi, cache pudiquement son béton derrière de l’aluminium ajouré qui fait penser à l’Institut du monde arabe à Paris.

18 décembre 2009

Beaufisme lourd


Intéressante série d'articles sur les déplacements urbains, à la veille du sommet de Copenhague, dans Presse-Océan. Avec des perles dont ont ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer. Jack de Nantes, est resté figé dans les années 1970 (il doit ressembler à Jean Yanne) : « Mais qu'attend-on pour remettre une deux fois deux voies à Beaulieu ? Les rétrécissements, les ralentisseurs… sont scandaleux et proprement irrespectueux pour les automobilistes volontairement retardés.» Monique (qui doit ressembler à Jacquie Sardou) fulmine aussi contre « ces plateaux surélevés sur tout le parcours (.…) Nos voitures de ville ne sont pas des 4x4 ». Sinon, chère Monique, il y a le tracteur. (Presse-Océan du lundi 7 décembre 2009).

16 décembre 2009

« The place to be »


Quel élu local n'a pas envoyé son communiqué de Copenhague ? « The place to be » pour sauver la planète. Certains envoient même des photos marrantes comme celle-ci, avec Schwarzenegger. La force au service de l'écologie ! L'alliance du menhir et du chêne autrichien, celle du chouchen et de l'anabolisant. Au prochain sommet, on espère une photo avec Rocky Balboa.

14 décembre 2009

Petits commentaires sur le plan vélo


Dans une ville vraiment adaptée au vélo, on doit pouvoir se promener avec un enfant de moins de huit ans sans crainte. Ce n'est pas vraiment le cas à Nantes. En tout cas pas partout. Exemple : quai de la Fosse à la hauteur de ND du Bon-Port. La piste se transforme là en damier sur lequel les voitures peuvent changer de file dans les deux sens. La plupart des chauffeurs ne s'embarrassent pas de vérifier si des vélos circulent ou pas sur la piste. Ils changent de file sans regarder. Ça peut passer un dimanche matin, mais dans l'obscurité et par temps de pluie, il y a danger. A la hauteur de la piscine Leo-Lagrange, la piste est impeccable : large et séparée par des zébras. Figure qu'il faudrait généraliser. Mais 100 mètres plus loin, rue Félix-Eboué, la bande fait 40 centimètres de large et l'on s'expose au premier crétin qui ouvre sa porte sans regarder. Un grand classique qui m'a valu deux côtes fêlées l'année dernière. S'il va dans le bon sens, le plan vélo annoncé le 10 décembre en rend pas prioritaire la création de pistes cyclables en site propre, protégées des voitures. Autrement dit, des endroits où l'on est certain de ne pas se faire culbuter voire écraser. Mille fois dommage ! C'est un partage de la chaussée avec les voitures dans le cadre « d'une circulation apaisée » qui sera privilégié. Ça pourrait marcher en Suède mais nous sommes dans un pays latin, avec une conduite toute en nervosité et une passion aberrante pour l'automobile. Est-il besoin de rappeler l'asymétrie du risque entre automobiliste et cycliste. Il suffit d'une seule fois et d'un seul coup de volant pour réduire la vie d'un cycliste à néant, même si les accidents mortels restent rares. Sans créer de pistes cyclable isolées, l'objectif d'atteindre 15 % ds déplacements en vélo (2 % actuellement) semble difficilement atteignable. A moins d'un baril de pétrole à 300 dollars.

8 décembre 2009

Contre la débauche alcoolique, comptons sur les cafés


Festival Bar-bars : ici As Postiront au café sur cour

Les joyeux fêtards du Bouffay sont devenus des « groupes à risques » pratiquant « l’alcoolisation bruyante sur la voie publique ». Magie d’une sémantique policière qui a assimilé le jargon des sociologues, à moins que ce ne soit contraire. Le nouveau contrat de sécurité de la Ville de Nantes prétend prendre en compte la lassitude des résidents des quartiers du centre, en particulier le Bouffay. Trop de tapage porte sur les nerfs, même des plus indulgents. Ce n’est pas une consolation, mais d’autres villes connaissent de pires situations. À Rennes, la concentration de fêtards dans le quartier Saint-Anne/Saint-Michel cause beaucoup plus de tracas, au point que la mairie rachète certains bars pour limiter la prolifération. Je ne sais pas s’il y a trop de bars au centre de Nantes. Je suis sûr, en revanche qu’il n’y en a pas assez dans les quartiers périphériques. Allez donc chercher un café en soirée, après votre cours de serbo-croate, autour de la maison de quartier des Dervallières, de Pin Sec ou du Soleil Levant à Saint-Herblain…Il en va des bars comme autrefois des maisons closes ou aujourd’hui des clandestins de Sangatte. On tire le rideau en espérant calmer l’irritation de l’électeur. Le problème reste alors dans la rue. Déjà, il faut faire le trottoir pour fumer. Beaucoup d’adolescents vont dans la rue pour picoler leur mélange orange dans des bouteilles en plastique. Rien de tel pour se blinder la tête en quelques minutes. Au contraire, pour que le même ado sorte bourré d’un café, il doit vraiment y passer beaucoup de temps, dépenser une coquette somme et échapper à la vigilance du tenancier. Par ailleurs, il arrive parfois que dans ces cafés, l’ado en question se voit proposer autre chose à faire que d’avaler des bières parfumées au jus de cactus. Je pense aux concerts ou aux spectacles. Voici deux semaines se tenait le festival bars-bars (photo). Un moment de fête et de tolérance exceptionnelle. Combien parmi les nombreux cafés participant à ce festival peuvent programmer des spectacles le reste de l’année ? Manque de moyens pour déclarer les artistes, problème d’insonorisation, réglementation tatillonne… Il y a deux ans, Jean-Louis Jossic s’était engagé à chercher des solutions pour aider les cafés-culture de Nantes à surmonter ces difficultés. Il paraît que les choses avancent. On aimerait bien que le plans sécurité prennent aussi en compte cette alternative à l’alcoolisation sur la voie publique qu’est un soirée musicale dans un café.

7 décembre 2009

C’est quoi la « Ikea Family » ?


Le dimanche, on peut courir, faire du vélo ou soigner sa gueule de bois, jouer avec ses enfants, aller au ciné, à la messe, rester sous la couette ou même regarder Michel Drucker… Bref mille et une chose plutôt que d’acheter un canapé Björn ou une lampe Larsën. Depuis des millénaires, religion ou pas, toutes les sociétés décrètent un jour où l’on s’arrête pour respirer, faire autre chose que produire ou consommer comme des brutes. Alors c’est quoi la « Ikea Family » ? Tout le monde à la galerie marchande derrière un chariot ou, pour ceux du bas de l’échelle, trimer sur la caisse enregistreuse ? Les frénétiques de la consommation qui vont acheter le dimanche leur meubles en particules de bois savent-ils qu’un jour, à leur tour, on pourra aussi leur imposer de laisser leur famille pour travailler le dimanche ? Est-ce normal que les syndicats soient seuls à faire le piquet devant le magasin pour que les règles s’appliquent ?