
Festival Bar-bars : ici As Postiront au café sur cour
Les joyeux fêtards du Bouffay sont devenus des « groupes à risques » pratiquant « l’alcoolisation bruyante sur la voie publique ». Magie d’une sémantique policière qui a assimilé le jargon des sociologues, à moins que ce ne soit contraire. Le nouveau contrat de sécurité de la Ville de Nantes prétend prendre en compte la lassitude des résidents des quartiers du centre, en particulier le Bouffay. Trop de tapage porte sur les nerfs, même des plus indulgents. Ce n’est pas une consolation, mais d’autres villes connaissent de pires situations. À Rennes, la concentration de fêtards dans le quartier Saint-Anne/Saint-Michel cause beaucoup plus de tracas, au point que la mairie rachète certains bars pour limiter la prolifération. Je ne sais pas s’il y a trop de bars au centre de Nantes. Je suis sûr, en revanche qu’il n’y en a pas assez dans les quartiers périphériques. Allez donc chercher un café en soirée, après votre cours de serbo-croate, autour de la maison de quartier des Dervallières, de Pin Sec ou du Soleil Levant à Saint-Herblain…Il en va des bars comme autrefois des maisons closes ou aujourd’hui des clandestins de Sangatte. On tire le rideau en espérant calmer l’irritation de l’électeur. Le problème reste alors dans la rue. Déjà, il faut faire le trottoir pour fumer. Beaucoup d’adolescents vont dans la rue pour picoler leur mélange orange dans des bouteilles en plastique. Rien de tel pour se blinder la tête en quelques minutes. Au contraire, pour que le même ado sorte bourré d’un café, il doit vraiment y passer beaucoup de temps, dépenser une coquette somme et échapper à la vigilance du tenancier. Par ailleurs, il arrive parfois que dans ces cafés, l’ado en question se voit proposer autre chose à faire que d’avaler des bières parfumées au jus de cactus. Je pense aux concerts ou aux spectacles. Voici deux semaines se tenait le festival bars-bars (photo). Un moment de fête et de tolérance exceptionnelle. Combien parmi les nombreux cafés participant à ce festival peuvent programmer des spectacles le reste de l’année ? Manque de moyens pour déclarer les artistes, problème d’insonorisation, réglementation tatillonne… Il y a deux ans, Jean-Louis Jossic s’était engagé à chercher des solutions pour aider les cafés-culture de Nantes à surmonter ces difficultés. Il paraît que les choses avancent. On aimerait bien que le plans sécurité prennent aussi en compte cette alternative à l’alcoolisation sur la voie publique qu’est un soirée musicale dans un café.
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