1 février 2010

« Big Sky »


Avant Noël, Nantes a congédié son urbaniste vedette Alexandre Chemetoff, pour divergences de vue, avec pour point d'orgue, le transfert du CHU sur l'île. La collectivité a peut être estimé qu'elle avait trop laissé la bride sur le cou de l'homme de l'art et que le politique devait reprendre le dessus. L'intéressé a expliqué dans la presse que l'on ne pouvait pas découper une tranche de l'île, comme une côtelette, sans vision d'ensemble. Le communiqué de presse de la Samoa (Sem chargée de l'aménagement de l'île de Nantes) lui a répondu en donnant au passage le montant des honoraires de l'urbaniste : 10 millions d'euros sur dix ans. Est-ce trop ? Est-ce normal ? Difficile de juger, de même que le bilan de son travail. A défaut de bilan officiel, chacun peut apprécier la transformation. Celui qui revisite l'île après 5 ans d'absence, sera surpris de l'évolution des lieux, surtout la pointe Ouest de l'île. On peut critiquer le caractère ultra-minéral, un respect fétichiste des reliques de l'industrie (grues, hangars…), l'école d'architecture la plus moche d'Europe, ou l'absence de commerces. En fait, ce n'est pas vraiment un morceau de ville mais un quartier d'activités avec des d'attractions touristiques. Côté qualités, il y a l'espace. « Le vide c'est important dans une ville. Il y a un espace vacant de 400 mètres entre les nefs et le quai de la Fosse, ce qui offre une grande quantité de ciel », expliquait Alexandre Chemetoff lors d'une visite de l'île de Nantes. Vrai et archi-vrai. Et c'est la plus grande qualité du projet.

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