
En sortant de la Campagne, au TNT, jeudi soir, on écoute sa propre façon de parler. On se demande si n’est pas gagné, soi-même, par cette manière de se renvoyer les mots comme une paire de Chinois autour d’une table de ping-pong. Si on n’a pas soi-même, un truc trouble dans la tête, si cette façon d’écouter, répondre, devancer la pensée de l’autre ne cachait pas aussi un eu de cannibalisme sentimental. Du moment où je me suis assis dans la salle, mon pied gauche, pourtant dans une position bizarre, n’a plus bougé. Le texte de Martin Crimp traduit par Philippe Djian est un délice tout en tension et les trois acteurs de la compagnie nantaise la Folle Idée (mise en scène Guillaume Gatteau) n’en laissent pas perdre une miette, sans imposer un sens au spectateur. Dans la troisième et dernière partie, j’ai quand même ressenti un essoufflement, peut être à cause d’un dispositif végétal assez lourd pour ce petit plateau, qui empêche les acteurs de circuler. Ils la jouent encore ce vendredi 12 et samedi 13au TNT, et la reprendront dans le Off d’Avignon, en juillet.
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