27 mars 2010

Quand Pierrick Sorin se raconte


Le vidéaste Pierrick Sorin prépare un nouveau spectacle dans un des magnifiques studios de répétition de la nouvelle Maison de quartier Madeleine-Champ de Mars. Jeudi 25 mars, il invitait les habitants du quartier et n'importe qui d'autre à une petite conférence sur lui, son oeuvre et sur le travail en cours. Conférence est un terme inapproprié, car, il le reconnaît, la communication devant un public, c'est vraiment pas son truc. Mine de rien, le bonhomme va tout de même se confier pendant près d'une heure et demie, apparemment sans trop souffrir de l'effort. De temps en temps il joue même avec ses petites caméras, se livre à un bout de répétition avec son comédien, change l'éclairage, invite le public à murmurer pour figurer le fond sonore d'un vernissage d'exposition. Il ne fait pas semblant d'être gentil, interrompant souvent ses digressions d'un "bref!" avec l'air désolé, comme s'il n'était pas encore habitué à voir son mental prendre aussi facilement la tangente. Le public n'est plus un public, c'est un groupe de copains, prêt à partager cette bienveillance. Pierrick Sorin fait parfois un penser à Etienne Daho, genre le coeur sous la main, l'air timide, mais au fond animé d'une solide volonté. Il raconte ses débuts, montre ses premiers films "historiques", rend hommage à Bernard Rapp de l'avoir sorti du bois, dit sa tristesse de l'avoir perdu.Il explique qu'il n'a pas besoin de vivre ailleurs qu'à Nantes, même s'il est invité à exposer d'un côté ou l'autre de la planète. Il parle un peu du prochain spectacle, sorte d'autoportrait sous la forme d'un one man show. On pourra voir bientôt une exposition au Lieu Unique.

17 mars 2010

Hellfest et Puy du Fou : coopérez


Hellfest, le festival annuel de heavy metal de Clisson, est revenu sur le tapis lors de la campagne électorale. Philippe de Villiers a fustigé le soutien de la collectivité à ce « festival sataniste». Première observation : lors de l'édition 2009, tous les spectateurs n'étaient pas des adorateurs de Satan. En dépit des apparences, le festivalier moyen est plutôt calme et n'a rien d'un possédé. Pas une bagarre à signaler. Finalement, selon mes observations à ce jour, le Hellfest est moins dangereux qu'une fête d'étudiants en pharmacie ou qu'une kermesse municipale de mon enfance dans le bocage vendéen, où une rixe d'ivrogne était toujours au programme. Shining ou un film bien sanguinolent de Mel Gibson peuvent effrayer. Pas le Hellfest. Secondo : au lieu de critiquer, le Hellfest, Philippe de Villiers pourrait imaginer une coopération avec le Grand Parc du Puy du Fou. Les hardos scandinaves pourraient faire d'excellents acteurs ou des figurants dans le spectacle des vikings avec leurs long cheveux filasses et leurs tatouages. Les musiciens de Machine Head seraient du meilleur goût dans le spectacle du donjon. Marilyn Manson serait un Néron voire un Gilles de Retz très crédible. Inversement, je connais certains Puyfolais qui ne dépareilleraient pas au sein des Misfits ou de Killing Joke. Les festivaliers métalleux, venant de toute l'Europe, pourraient bénéficier d'un pass donnant accès au château des ducs et au spectacle du Puy du Fou. Bref autant coopérer au lieu de se critiquer. Autre observation : les Deftones, l'une des têtes d'affiche de 2010, est sans doute le meilleur groupe de métal à mon goût derrière Métallica.

16 mars 2010

Notre-Dame-des-Landes : rien à déclarer

La fusion expresse entre les listes écologiques et socialistes aux élections régionales des Pays de la Loire laisse un drôle de goût dans la bouche. Comme si, maintenant que les électeurs de Loire-Atlantique avaient bien voté, on venait leur dire que le projet d’aéroport n’était, au fond, pas si important. Qu’une ou deux vice-présidences de région valaient bien un petit arrangement sur un dossier parmi d’autres. Beaucoup de ceux qui ont voté Europe Écologie pour l’occasion risquent de se sentir trahis. Et ceux qui ont l’habitude de placer la défense de l’environnement en priorité verront d’un mauvais oeil cette compromission. Cet aéroport est-il indispensable ou pas ? Un désaccord sur la réponse à cette question marque un clivage essentiel sur la vision du développement économique de la région. Alors, à près de 13% des voix exprimées ne valait-il pas mieux marquer sa différence ?