10 juillet 2010

Moment de grâce sous les Soleils bleus


Les Soleils bleus de Saint-Herblain ont éclairé un moment unique, samedi 3 juillet, quand Rodolphe Burger et Hélène Labarrière se sont mis soudain à interpréter Billie Jean. Il y avait déjà eu du Jimmy Hendrix, du Lou Reed pendant la première moitié de leur concert. Tous à peine reconnaissables, fondus, recyclés, ébarbés d’effets inutiles, ces tubes redevenaient de la matière à mélodie dans lesquels le guitariste et la contrebassiste taillaient avec gourmandise, bientôt rejoints par Eric Truffaz. Le festival Soleils bleus, bien que resserré désormais sur quatre jours consécutifs, a réservé d’autres grands moments comme les Canadiens Misteur Valaire ou la rencontre afrobeat entre Kiala et la groupe Walko. Et Soleils bleus a gardé son cachet. C’est un festival sans fosse ni fossé entre la scène et le public, où le spectateur se sent libre.

Photo Marlène Maisonneuve. PS : au passage la photo m'y fait penser, il faudrait prêter un peu attention à l'esthétique de la scène. Cet ampli posé sur une boite entre les deux artistes, ni fait ni à faire comme dirait ma tante, si attentive à ses hortensias. Et puis cette bache noire derrière, ces énormes retours sur le devant. Je croyais que les enceintes acoustiques étaient miniaturisées maintenant. Or il y a toujours d'énormes retours qui transforment les artistes en hommes troncs quand on est prêt de la scène. Bon, j'arrête de râler. Y.P.

2 juillet 2010

C'était bien Dylan ?


Pour une bonne séance de sudation, j'avais le choix entre le hammam, une fonderie industrielle ou le Zénith de Nantes. Finalement, j'ai choisi le Zénith, ce musée ce cire de la musique non climatisé. En plus il y avait Bob Dylan. Heureusement, j'avais pris soin de prendre une paire de jumelle, car étant à 800 mètres à vol d'oiseau de la scène, au milieu d'une foule de baby-boomers bien sages, je voulais être bien sûr que c'était Robert Zimmerman lui-même. Comme la plupart des clients du Zénith je suis assez stupide pour payer 66 euros pour voir un mythe vivant. A la voix, j'ai d'abord cru qu'il s'agissait de Tom Waits qui aurait mangé une poignée de graviers arrosés de Tabasco. Mais c'était bien Dylan, ni bonjour ni au revoir, en uniforme d'officier créole derrière un orgue à la Charly Oleg et triturant ses chansons. Bon, le groupe de country-rock, derrière le monument vivant, était solide. Les fans avaient l'air content, moi aussi un peu. J'irai voir ZZ top mais pas Status Quo ou Deep Purple, faut pas exagérer.